Traitement dermatologique du pied

La peau et ses annexes, les ongles

Anatomie de la peau

La peau est l’enveloppe superficielle du corps. Elle est très résistante, flexible et élastique. Son épaisseur varie considérablement suivant les régions : tandis qu’elle est épaisse aux endroits exposés à subir des pressions et des violences ( paume de la main, plante du pied, talon, nuque), elle est mince au niveau des plis de flexion des membres et aux paupières.

Au niveau des orifices naturels, ( nez, bouche, anus, etc..), elle se continue avec les muqueuses qui recouvrent les surfaces internes du corps. Selon les individus, elle est plus ou moins sèche, plus ou moins grasse, et sa coloration varie.

Sa structure est compliquée. Elle est essentiellement formée par la superposition de 2 couches de tissu nettement distinctes :

  • l’épiderme vers le dehors
  • le derme vers le dedans. Sous le derme, le tissu cellulaire sous-cutané unit la peau aux organes sous-jacents.

 

L’épiderme

C’est un tissu épithélial constitué par la superposition de plusieurs couches de cellules dont l’aspect varie selon la profondeur de leur situation.

À la surface se présente une couche de cellules aplaties, desséchées, cornées, gorgées de kératine, matière qui rend cette couche imperméable.
À mesure que les couches deviennent plus profondes, les cellules sont de plus en plus hautes et elles présentent finalement l’aspect tout à fait régulier des cellules jeunes et vivantes. C’est ainsi que les anatomistes ont pu diviser l’épiderme en plusieurs couches successives auxquelles ils ont donné des dénominations spéciales caractéristiques : couche desquamante, couche cornée, stratum lucidum, stratum granulosum, couche muqueuse, couche germinative.
Cette division est sans intérêt pour nous et nous pouvons considérer l’épiderme comme formé de 2 couches : une couche cornée superficielle et une couche muqueuse profonde dite couche de Malpighi.

La couche muqueuse de Malpighi, la plus profonde, est en contact direct avec le derme dont elle épouse toutes les irrégularités. C’est la partie vraiment vivante et génératrice de l’épiderme. Les cellules qui la composent sont perpétuellement en voie de division et les éléments nouvellement formés montent vers la surface pour remplacer les cellules mortes.

La couche cornée est formée par des couches de cellules en voie de dégénérescence, plus dures et plus sèches à mesure que l’on s’approche de la surface. En s’élevant de l’épiderme, les cellules jeunes formées dans la couche de Malpighi perdent progressivement leur vitalité ; elles sont écrasées par les pressions et s’aplatissent, elle s’imprègne de kératine, se dessèchent de plus en plus et finissent par ne plus représenter qu’une coque de kératine entourant un amas de graisse épidermique ; elles sont dépourvues de noyau et meurent. Le processus de dégénérescence est terminé, les cellules se détachent alors en une très fine poussière et tombent. la chute peut parfois se faire par plaques plus ou moins étendues appelées pellicules.
L’épiderme ne contient pas de vaisseaux sanguins; la couche de Malpighi puise ses aliments dans la nymphe interstitielle. Les filets nerveux y sont au contraire très nombreux. Ils viennent du derme, s’insinuent entre les cellules et la couche muqueuse et se terminent par un petit renflement en bouton. Ce sont des fibres nerveuses sensitives.

 

Coupe transversale de la peau.

1, Derme; 2, épiderme, a, Couche basilaire ou génératrice, reposant sur la membrane basale; b, couche de Malpighi ; c, couche granuleuse ; d, couche transparente; e, couche cornée.

Le derme

Il se trouve immédiatement sous l’épiderme. C’est un tissu conjonctif formé de cellules conjonctives fusiformes ou étoilées, de fibres élastiques et de quelques fibres musculaires, le tout formant un réseau intimement baigné de lymphe.
La face supérieure du derme présente une infinité de petites saillies, de forme généralement conique, nommées papilles du derme, sur lesquelles l’épiderme se moule très exactement.
Certaines papilles du derme, les papilles vasculaires, contiennent de petites artérioles et de petites veinules réunies par des capillaires qui assurent la nutrition de l’épiderme.
D’autres papilles contiennent  des rameaux nerveux qui viennent s’y terminer par de petits renflements de forme ovoïde appelés corpuscules du tact. Ceux-ci donnent à la peau sa sensibilité tactile.
Outre ces filets nerveux se terminant dans les papilles du derme, la peau contient de nombreux autres nerfs aux fonctions très variées. Il y a notamment les fibres sensitives qui se prolongent jusque dans l’épiderme où elles se terminent  par les boutons nerveux terminaux. Il existe aussi des nerfs moteurs, des nerfs sécréteurs pour les glandes sudoripares, des nerfs vasculaires qui président aux mouvements de vaso-dilatation et de vaso-constriction.

Les glandes annexes dans la peau

Les glandes sont des organes dont le rôle est de produire, au dépens du sang, des sécrétions, soit de produits nuisibles en vue de leur élimination, soit de produits utiles à l’économie

On retrouve dans l’épaisseur du derme 2 sortes de glandes : les glandes sébacées et les glandes sudoripares.

Les glandes sébacées

Les glandes sébacées sont des glandes en grappes généralement annexées aux follicules pileux dont il sera question plus loin. Elles se trouvent disséminées en très grand nombre dans la peau de tout le corps, sauf toutefois à la paume de la main et à la plante du pied. Ces glandes sécrètent une matière grasse le sébum, qui est déversée dans les follicules pileux afin de lubrifier les poils, de les maintenir souples et de fournir à la peau un enduit protecteur.
Lorsque l’activité sécrétoire des glandes sébacées est exagérée, il y a séborrhée. Dans cette affection, outre la présence d’une quantité anormale de sébum, on note l’existence d’un filament que l’on peut faire sortir en pressant la peau entre les doigts. L’inflammation légère des glandes sébacées donne lieue à l’acné.

Les glandes sudoripares

Elles sont réparties en nombre considérables sur toute la surface du corps  : on en compte environ 3millions. Elles sont surtout abondantes à la plante du pied et à la paume de la main ; au pli de l’aine et dans le  creux de l’aisselle elles sont particulièrement développées.
Elles sont constituées par des tubes qui s’ouvrent à la surface de la peau par les pores sudoripares. Ces tubent traversent l’épiderme et le derme et se terminent par une partie sécrétrice en forme de peloton contourné logé dans la profondeur du derme ou même danse le tissu cellulaire sous-cutané. Le peloton est entouré d’un réseau de capillaires sanguins.
Le produit de sécrétion des glandes sudoripares est la sueur, liquide composé surtout d ‘eau ( 995 pour 1000 ) contenant en dissolution des sels ( chlorure de sodium, urée ) et des acides gras volatils qui lui donnent son odeur désagréable.
La quantité de sueur éliminée atteint normalement 1.200 à 1.300 grammes/24H. Elle varie toutefois dans des proportions considérables selon la température ambiante et selon les exercices auxquels on se livre. Elle est réduite au minimum quand il fait froid. Pendant les grandes chaleurs et les exercices violents, son débit peut atteindre, 300, 400 voire même 500gr par heure.
Le système peut également stimuler directement la sécrétion, par exemple en cas d’émotion, de peur ( sueurs froides émotionnelles ). Certaines personnes particulièrement émotives et dont la transpiration est habituellement normale, transpirent tellement quand elle se présente chez le pédicure, que la sueur leur coule abondamment des pieds et des mains.
Lorsque la sécrétion est normale, la sueur n’arrive pas jusqu’à l’extérieur ; elle est absorbée par la couche cornée de l’épiderme et s’évapore insensiblement. Mais quand sa production est intensifiée, elle arrive à la surface de la peau et perle en gouttelettes à l’orifice des canaux excréteurs.
L’évaporation de la sueur absorbe une certaine quantité de la chaleur du corps qui, ainsi, se refroidit. Un des rôles de la transpiration est de maintenir la température du corps à son niveau optimum : quand il fait froid, la quantité de sueur est diminuée de sorte que la température du corpulent guère influencée par l’évaporation qui est très minime; quand il fait chaud au contraire, la grande quantité de sueur à évaporer absorbe beaucoup de chaleur et ramène la température du corps vers sa normale.
Outre son action régulatrice de la température du corps, la sueur joue un rôle important dans la dépuration de l’organisme par l’élimination des substances toxiques  qu’elle assure ; elle contient en effet de l’urée, des sels minéraux et des acides.


Fonction de la peau

La peau remplit des fonctions multiples dont la plus apparente est évidemment son rôle de protection.
L’existence des glandes sudoripares en fait un organe de sécrétion intervenant dans la dépuration et dans la régulation thermique du corps.
La peau est aussi un organe sensible. Les terminaisons nerveuses situées dans la couche muqueuse de l’épiderme et les corpuscules du tact lui donnent une sensibilité spéciale qui lui permet de percevoir les sensations de froid, de chaud, de douleur, de se rendre compte du contact léger ou fort, d’apprécier le poids et la forme des objets. Les diverses variétés de sensibilité sont évidemment réparties entre des terminaisons nerveuses nettement spécialisées.

Dans un rapport présenté au 2ème Congrès International de Massage et d’Auxiliaires Médicaux ( Bruxelles 1938 ), le Dr GUNZBERG décrit comme suit les fonctions de la peau «  que les anciens auteurs décrivaient naïvement comme le tissu de revêtement isolant l’être vivant du milieu extérieur et le protégeant contre ce milieu ».
Le rôle de la peau n’a été approfondi que dans les derniers temps et ce rôle est immense. Tissu épithélial intimement apparenté par une même origine embryonnaire au système nerveux, il n’est pas uniquement protecteur et loin d’être isolant, c’est lui qui étable par toutes ses fonctions, la corrélation du milieu intérieur avec le monde. La peau est l’organe sensible par excellence, porteur de plusieurs sens distincts : le sens thermique, le sens du toucher, le sens de la douleur, le sens électrique. C’est aussi un organe régulateur exquis, régulateur thermique par son rayonnement et sa sudation ; régulateur sécrétoire, équivalent presque par le dosage des substances éliminées à l’émonctoire rénal : régulateur photochimique, absorbant les rayons lumineux, les tamisant, les sélectionnant et créant par sa pigmentation spontanée une défense contre les rayons trop intenses ou trop nocifs.

Les fonctions du tissu cutanée nous apparaissent encore plus importantes au fur et à mesure qu’on les connaît mieux. L’absorption des médicaments, soit sous formes de substances grasses ou de bains, joue un rôle important. Les recherches récentes nous révèlent de plus une fonction endocrine dans la peau et la formation d’hormones indispensables. Du reste, tous les agents physiques, la chaleur, la lumière, l’électricité pénètrent dans l’organisme par l’intermédiaire du revêtement cutané.
Par dessus tout cela, les fonctions circulatoire et nerveuse de la peau étendent leur action sur l’organisme tout entier. Des corrélations fonctionnelles  existent entre des territoires cutanés très éloignés les uns des autres, de telle sorte qu’une excitation d’un avant-bras retentira sur l’autre membre, ou bien sur des organes profonds. À chaque région cutanée correspondent des organes viscéraux auxquels les lie une origine segmentaire commune.

Les ongles

L’ongle est une lame de matière cornée qui recouvre l’extrémité dorsale des doigts et des orteils afin de la protéger contre les pressions et les frottements. Il présente 2 courbures, une transversale et une longitudinale, toutes 2 convexes.